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Association des Rencontres Médicales Pluridisciplinaires

Nos programmes DPC

(A Paris, le Jeudi 5 septembre 2019) Fin de vie : éthique et droit. Réflexion sur la philosophie des soins palliatifs. Démarche palliative du médecin généraliste

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ORGANISATEUR - MODERATEUR :
Dr Jean-Joseph FERRON (Médecin Généraliste - Carquefou)

EXPERT :
M. Jacques RICOT (Philosophe - Spécialiste des questions ethiques fin de vie)

 

LIEU :

ESPACE VOCATION - 22 rue Réné Boulanger - 75010 PARIS

  

  

Justification et intention générale de la démarche DPC

L’interrogation formulée dans cet intitulé peut paraître incongrue et déplacée tant on aborde, avec la fin de vie, un sujet grave qui impose la retenue. Pourtant,  c’est bien la période de la vie où se posent des problèmes éthiques spécifiques auxquels le médecin est le plus fréquemment confrontés dans sa pratique, devenant de ce fait une priorité par rapport aux autres périodes de la vie. Cette période nous invite à réfléchir sur les notions de finitude, de souffrance, de dignité, de liberté et elle nous confronte à des dilemmes éthiques souvent  difficiles.

Euthanasie, aide à mourir, obstination déraisonnable, soins palliatifs sont les grandes questions auxquelles le médecin est confronté. Les soins palliatifs qui sont l’objet de cette formation ne sont pas seulement les « derniers » au sens chronologique, leur caractère « extrême » révèle la nature profonde du soin « comme origine ou comme principe de la médecine et non pas comme un prolongement superflu ou compassionnel »(1)Il s’agit avec cette formation de comprendre les enjeux de la fin de vie, qu’ils soient philosophiques, sociétaux ou juridiques et appréhender l’articulation difficile entre l’émotionnel et le rationnel, entre la posture militante et la posture soignante. Les soins palliatifs ne doivent pas être réduits à une simple technique médicale, ils doivent correspondre à un engagement éthique. C’est tout l’enjeu de cette formation où des allers et retours entre les aspects éthiques et juridiques doivent permettre au médecin de connaître les implications éthiques de la fin de vie, les droits des patients et des familles et les dispositions légales autour des obligations des médecins et des soins palliatifs. L’éthique et le droit avec une réflexion sur la philosophie des soins palliatifs et la démarche palliative du médecin dans la fin de vie sont les grands thèmes de cette formation autour du philosophe Jacques RICOT (2,3). Elle devra permettre au médecin  de : « Comprendre  le réel, conduire la délibération et justifier la décision », selon la définition de la philosophie morale donnée par Monique CANTO-SPERBER (4). 

Cette formation présentielle d’une journée basée sur des méthodes interactives fait appel à des situations rencontrées dans la pratique et des études de cas. Elle répond aux orientations définies dans l’arrêté du 8 décembre 2015 (liste des orientations nationales du développement professionnel continu des professionnels de santé pour les années 2016 à 2018 (3), dans son annexe I et le paragraphe intitulé « Innover pour la sécurité des soins et l'éducation du patient » qui a inscrit dans son orientation n°33 « la réflexion éthique dans les pratiques professionnelles » et plus particulièrement dans les  orientations spécifiques aux médecinsgénéralistes (annexe II), l’orientation n°4 concernant la prise en charge des malades atteints de cancer et ceux en fin de vie.

Objectifs de la démarche DPC :

L’objectif général vise à former le médecin généraliste à la réflexion éthique des problèmes de fin de vie et ses implications juridiques :   

  • référence à la philosophie des soins palliatifs et les fondements éthiques qui l’animent
  • connaissance des lois : loi du 4 mars 2002, loi Leonetti du 22 avril 2005, loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016
  • courants philosophique et éthiques (courant déontologique, courant utilitariste, philosophie du care…) pour comprendre les différentes positions face à l’euthanasie, l’obstination déraisonnable, les soins palliatifs, la dignité…

A l’issue de cette formation, le médecin devra être capable de :

  • appliquer les lois relatives à la fin de vie
  • définir, différencier ou au contraire identifier les liens qui unissent les notions d’éthique, de morale, de déontologie, de droit
  • se référer aux grands courants éthiques qui nourrissent la réflexion éthique de fin de vie 
  • se référer aux grands principes éthiques et aux interdits qui fondent l’éthique clinique
  • s’inscrire dans une démarche éthique pour les grands problèmes concernant la fin de la vie et la relation médecin-malade 

 

Déroulé du programme en 3 étapes (1 jour) :

PHASE 1 : 

Chaque médecin inscrit doit reprendre le dernier dossier de patient en phase palliative qu’il a pris en charge dans les 6 mois précédent la formation (jusqu’à 12 mois si besoin selon le profil de patientèle) en décrivant la manière dont cette prise en charge s’est effectuée et de formuler les questions qu’il se pose dans la composante éthique de cette prise en charge : face à la souffrance, face à une attitude pouvant être considérée comme une obstination déraisonnable, face à une demande à mourir, face à la dégradation, etc. Une grille avec différents items est adressée au médecin  pour le guider dans son questionnement. Ce dossier clinique avec les questions posées par chaque participant sera une des bases du travail effectué en atelier dans la phase suivante.

PHASE 2 :

Le médecin participe à la formation présentielle de 2 demi- journées organisée par l’ARMP 

1.  De quoi parle-t-on ? (comprendre le réel)

Objectifs :

  • définir, différencier ouau contraire identifier les liens qui unissent les notions d’éthique, de morale, de déontologie, de droit
  • se référer aux grands courants éthiques qui nourrissent la réflexion éthique 
  • se référer aux grands principes éthiques et aux interdits qui fondent l’éthique clinique
  • définir les notions fondamentales de finitude, souffrance, dignité et liberté

Méthode et contenu :

  1. Atelier (1h15) :

Le but de cet atelier est de tester les connaissances du participant sur les notions de base nécessaires à la réflexion et la démarche éthique en fin de vie et, globalement, sur les grandes questions qu’il se pose par un tour de table. Seront questionnées les notions de morale, d’éthique, de déontologie, de droit, sa connaissance ou non des grands courants éthiques (déontologique, conséquentialiste, arétaïque…), des grands principes d’éthique et des interdits fondamentaux qui sont à la base du raisonnement éthique. Ensuite chaque participant expose une situation clinique de fin de vie à laquelle il a été confronté avec les questions qu’il se pose d’un point de vue éthique et la manière dont il y a répondu. Un débat et une synthèse sur les points d’accord et de désaccord entre les participants sera présentée en plénière. Selon le temps et les questions abordées, un travail sur courtes vignettes cliniques et sur une expérience de pensée (histoire du tramway fou) pourra compléter cette 1èrephase.

  1. Plénière (2h) (10h45 à 12h45) : 

Restitution du travail de groupe avec la synthèse des discussions. L’expert (philosophe) donnera les définitions sur lesquelles nous devons nous entendre avec les points de discussion ou de désaccord à propos de certaines définitions, rappellera brièvement les grands courants éthiques auxquels on se réfère (pluralité des éthiques), les grands principes d’éthique avec les critiques, en particulier les principes de bioéthique de Beauchamp et Childress (principisme) et les interdits fondamentaux. Les concepts de douleur/souffrance, de liberté, autonomie, dignité seront explicités.

2. Conduire la délibération et justifier la décision

Les concepts fondamentaux vus le matin resteront présents et la référence pour la 2èmedemi-journée où seront abordés les problèmes éthiques concernant l’acharnement thérapeutique (obstination déraisonnable), l’euthanasie, le suicide assisté, le refus de traitement et le refus de soins, la sédation avec leur traduction dans les lois et leur analyse.  

Objectifs : 

  • Identifier et reconnaître les différents problèmes éthiques et dilemmes rencontrés en fin de vie et à l’approche de la mort. 
  • Connaître les lois relatives à la fin de vie et les appliquer

Méthodes pédagogiques et contenu : ateliers puis plénière

  • en atelier (1h) : comme dans la 1èmeséquence, on demandera aux participants de reprendre leurs situations cliniques pour débattre et délibérer sur solutions proposées aux problèmes rencontrés et en se référant au travail d’explicitation des notions fondamentales vues le matin. Un cas clinique sera proposé et on pourra le cas échéant reprendre les courtes vignettes cliniques vues le matin pour alimenter le débat. L’analyse du témoignage d’un médecin pratiquant l’euthanasie permettra de poser les questions essentielles sur ce thème. Une synthèse de la discussion et des questions sera rédigée en fin d’atelier et présentée en plénière. 
  • en plénière (2h): restitution du travail d’atelier et exposés sur les problèmes éthique de la fin de vie en lien avec les notions exposés le matin. Seront abordés les problèmes éthiques liés à l’obstination déraisonnable et l’euthanasie, le suicide assisté, l’arrêt de soins et la sédation en référence au cadre juridique qui est le nôtre. 

Conclusion : synthèse, évaluation et grands messages pour la pratique

Plénière (30 mn). Cette plénière de fin de formation a pour but de faire une synthèse et vérifier l’atteinte des objectifs et la satisfaction des attentes et enfin rappeler les grands messages importants pour la pratique éthique de fin de vie

Évaluation de la formation « à chaud » par un tour de table et un questionnaire 

 

INSCRIPTION auprès de  :


Elise CARVER au 01 55 77 12 37
e.carver@armp-asso.fr
 
Pour toute question, l'ARMP est à votre disposition à partir de l'adresse dpc@armp-asso.fr

 

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Worms F.-Le moment du soin. A quoi tenons-nous ?, Paris, PUF, 2010

RICOT Jacques.L’éthique du soin ultime. Préface de Jean Leonetti, Presses de l’EHESP- 2010

RICOT Jacques, Penser la fin de vie, Préface de Jean Leonetti et de P. Pozzo di Borgo,Presses de l’EHESP- 2017

Canto-Sperber M., L’inquiétude morale et la vie humaine, Paris, PUF, 2001, p 34

Loi n° 2005-370du 22 avril 2005 dite Loi Leonetti

Loi no 99-477 du 9 juin 1999 (Parue au JO No 132 du 10 juin 1999).

Rapport de présentation et texte de loi de MM. Alain CLAEYS et Jean Leonetti (mars 2015)

Loi n° 2016-87 du 2 février 2016 (loi Claeys-Leonetti)

Angélique SENTILHES-MONKAM - Soins palliatifs : un droit pour tout malade. Revue Médecine- Octobre 2008

Angélique SENTILHES-MONKAM - Soins palliatifs à domicile : Conclusion : faire évoluer les pratiques et les métiers. Revue Médecine- Mars 2009

GALLOIS, VALLEE, LE NOC– Soins palliatifs : une approche globale. Revue Médecine- Septembre 2008

DELBECQUE H. Les soins palliatifs et l’accompagnement des malades en fin de vie. Paris : Ministère de la Santé et de l’Action Humanitaire ; 1993

Circulaire DHOS/02/DGS/SD 5 D n°2002-98 du 19 février 2002 relative à l’organisation des soins palliatifs et de l’accompagnement, en application de la loi n°99 477 du 9 juin 1999, visant à garantir le droit à l’accès aux soins palliatifs. Bulletin Officiel 2002 ; 12

Agence Nationale d’Accréditation et d’Évaluation en Santé. Modalités de prise en charge de l’adulte nécessitant des soins palliatifs. Paris : ANAES / Service des recommandations professionnelles / décembre 2002

Agence Nationale d’Accréditation et d’Évaluation en Santé. L’accompagnement des personnes en fin de vie et de leurs proches. Paris : ANAES / Conférence de consensus / 14 et 15 janvier 2004

Agence Nationale pour le Développement de l’Évaluation médicale. Recommandations pour la prise en charge de la douleur du cancer de l’adulte en médecine ambulatoire. Paris : ANDEM ; 1995

Agence Nationale d’Accréditation et d’Évaluation en Santé. Évaluation et suivi de la douleur chronique chez l’adulte en médecine ambulatoire. Paris : ANAES ; 1999

Le médecin, le patient et sa douleur- Patrice QUENEAU et Gérard OSTERMANN (APNET) Editions MASSON

LASSAUNIERE Jean Michel Guide pratique des soins palliatifs, 

La sédation pour détresse en phase terminale- Recommandations de la Société Française d'Accompagnement et de soins palliatifs- Groupe de travail "Sédation en fin de vie"

Sédation pour détresse en phase terminale et dans des situations spécifiques et complexesrecommandations chez l’adulte et spécificités au domicile et en gériatrie - Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) 

Fiches d’aide à la consultation ARMP : Douleur en soins palliatifs

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